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L'estime de soit chez l'enfant

L'estime de soit chez l'enfant

Comment définir l'estime de soi ?

En psychologie, l'estime de soi désigne le jugement ou l'évaluation qu'un individu porte sur lui-même, en lien avec ses propres valeurs. 
Elle représente la mesure du respect que nous nous accordons.
Ainsi, une bonne estime de soi se caractérise par la perception de sa propre compétence et de sa dignité, tandis qu'une mauvaise estime de soi se traduit par le sentiment de ne pas être à la hauteur et par une vision négative de soi-même.

L'estime de soi peut être comparée à notre squelette psychique, un équilibre mental qui se construit entre ce que nous croyons être et ce que nous aspirons à devenir.
Elle requiert une prise de conscience de nos difficultés et de nos limites personnelles, afin de pouvoir affirmer avec justesse : “Je sais qui je suis, je sais ce que je vaux, je m'aime et je m'accepte, je suis digne d'être accepté tel que je suis et je suis responsable de ma vie.”
Cet ancrage intérieur constitue le socle sur lequel repose notre capacité à évoluer et à relever les défis de la vie

Pour être heureux, il faut s’estimer. En effet, de nombreuses difficultés de la vie trouvent leur origine dans une mauvaise estime de soi. Elle est à la fois un héritage légué par le passé familial à travers les générations et une construction permanente tout au long de l’existence.

Chez l’enfant, l’estime de soi se forge entre la naissance et 8 ans, et continue de se modeler au fil des années, influencée par ses expériences, son environnement social et le contexte émotionnel dans lequel il évolue.

L’attachement, clé de l'estime de soi

L’attachement se définit comme un lien affectif caractérisé par une recherche de sécurité, constituant la base de l’estime de soi chez l’enfant et est capital pour sa mise en place.

La manière dont un enfant est accompagné affectivement et émotionnellement permet de développer une confiance en lui, plus ou moins solide.
Lorsque les adultes créent une relation sécurisante à travers les soins, le portage, le contact physique, la parole, l’attention et l’écoute, ils offrent au bébé l’assurance de son existence et de sa valeur en tant qu'être unique et digne d'intérêt.

Cette fonction de contenance procure à l’enfant une sécurité intérieure qui renforce son sentiment d'existence. Se sentir aimé et respecté permet de construire des représentations mentales et émotionnelles positives, souvent désignées sous le terme d’"objets internes".

L'enfant se sent alors suffisamment digne d'amour et établit une base de sécurité intérieure, véritable tremplin pour son avenir.
Fort de cette sécurité intérieure, il peut explorer le monde extérieur, aller vers les autres, prendre des initiatives, accueillir la réussite comme l'échec, et croire en ses capacités.

Un attachement insécurisant peut entraîner une spirale inverse, où l'enfant développe des insécurités profondes pouvant nuire à son développement psychologique et à la construction de son estime de soi.
Cela peut se traduire par des difficultés à croire en sa propre valeur, une tendance à éviter les défis, une peur de l'échec, ou encore une dépendance excessive au regard des autres pour se sentir valorisé.

Comment se construit l’estime de soi.

La clé de l'estime de soi de l’enfant se construit à partir de l'image qu'il développe de lui-même, en lien avec ses qualités, sa capacité à les mettre en pratique, à surmonter les difficultés, à relever des défis, et à nourrir l'espoir.

Elle dépend des réactions des figures d'attachement, qui sont les personnes proches de l'enfant, s'occupant de lui et ayant de l'importance à ses yeux.
Ces personnes sont d’abord des parents, puis des membres de la famille, une personne extérieure qui peut-être la nounou.

Ces réponses et comportements, que l'on appelle également rétroactions, représentent des stratégies qui favorisent la réussite en soutenant l'enfant et en l'encourageant à persévérer.

Exemple : Anaïs, 2 ans et demi, n’arrive pas à enlever sa chaussette et s’énerve. Sa mère lui montre les bons gestes et la félicite quand elle réussit : « Tu vois, tu as réussi, demain ce sera l’autre chaussette. Je suis fier de toi, bravo ! » Cette rétroaction positive encourage Anaïs à persévérer et renforce sa confiance en elle.

Les adultes ont un rôle de guide, c’est à eux de poser les premières pierres de l’estime de soi, qui se construit à travers le sentiment de confiance, d’appartenance, la connaissance de soi et le sentiment de réussite.

Le sentiment de confiance se créer au fil des années par des relations d’attachement sécure. L’enfant doit se sentir en sécurité, tant physiquement que psychologiquement, et se sentir protégé.

Sinon, il risque de dépenser son énergie en agitation ou d’adopter des comportements défensifs, ce qui entrave sa capacité à s’investir dans des relations positives et dans ses apprentissages.

Un enfant qui bouge sans arrêt qui est incapable de se concentrer est un enfant en mal être, en recherche d’attention de reconnaissance et de cadre éducatif cohérent.
L’hypothèse d'un trouble du Déficit de l’ attention (T.D.A) avec ou sans hyperactivité (H) peut-être posée, mais l’agitation est loin d’être le seul symptôme nécessaire pour affirmer qu’un enfant souffre de T.D.A/H.

La sécurité physique est nourrie en subvenant aux besoins élémentaires de l’enfant, en veillant à sa sécurité, en le prévenant des conduites à risques, en étant bientraitant dans les soins et en le portant avec douceur.

La sécurité psychologique est assurée par un environnement stable, par des moments de partage authentiques, où il se sent écouté, aimé et respecté. Ces moments renforcent son identité, et la reconnaissance de ses parents, à travers des paroles respectueuses, des encouragements et des félicitations, qui nourrit sa confiance intérieure et lui permet de se sentir valorisé.

Un trop grand investissement parental peut entraver l’estime de soi. Quand l’enfant n’arrive pas à la hauteur des rêves parentaux, il souffre d’un effondrement de la confiance, qui peut mettre à mal ses futures capacités d’apprentissage.

Le sentiment d'appartenance joue un rôle fondamental dans la construction de notre identité sociale et évolue tout au long de notre vie.
L'enfant, en tant qu'être avant tout social, ne peut se définir sans la présence des autres.
Il naît généralement dans une famille où il est nommé, accueilli, soigné et pris en charge par un environnement social bienveillant. 

Par la suite, il découvre ses pairs dans les divers lieux de garde et espaces de rencontre qu'il fréquente, enrichissant ainsi son univers relationnel. 
Ce réseau social, qui l'entoure, contribue à affirmer son unicité et participe activement à la construction de son identité.

Il se différencie peu à peu des autres, se reconnaît comme être pareil et différent à la fois et renforce son identité à coup d’identifications et d’imitations. 
Il y fait des expériences de partage de coopération, de rivalité, de compétition. Il se socialise en étant un parmi les autres.

La connaissance de soi se développe également grâce aux interactions sociales, qui donnent à l’enfant son statut et sa valeur personnelle.
Il se sent unique, il existe en tant que ” fille ou fils de” et dans son histoire familiale.

Pour favoriser la connaissance de soi , l’enfant a le droit d’avoir accès à sa filiation, il doit savoir d’où il vient pour savoir où il va.
Il doit connaître son histoire et ses racines pour prendre sa place dans une continuité de vie. 

Il est parfois douloureux pour les parents de confier des éléments du passé, mais les secrets de famille agissent en sous-marin et bloc un jour ou l’autre.
L’enfant est une vraie éponge émotionnelle, il ressent les choses mais à du mal à les identifier.
Parler et nommer ses émotions l’aide à mieux se connaître.

Le sentiment de réussite naît de la satisfaction de l’enfant à pouvoir réussir des expériences à sa mesure.
Cela le motive à vouloir faire seul. s’habiller, se déshabiller, couper sa viande (avec un couteau rond), faire un gâteau ou bricoler avec les vrais outils.

Il est logique de proposer des activités dont le niveau de compréhension est proche de ses capacités.
l’impossibilité d' exercer une tâche à son niveau intellectuel n' est pas compatible avec sa confiance en lui.

Il est tout à fait judicieux de savoir le guider et se mettre à son niveau d’exigence et à son rythme d’évolution.
Cela permet d’éviter le stress de la performance des apprentissages trop précoce et non pertinant.

Accompagner l’enfant, c’est lui permettre de faire seul tout en étant avec lui pour l’aider si nécessaire. On pourrait dire “aide moi à faire seul”.

C’est aussi valider sa confiance, lui faire confiance.
Cloé, 8 mois monte les marches de l'escalier, elle pose le genou droit puis l’autre, elle y arrive mais elle n’est pas tout à fait sûr dans ses gestes, sa maman verbalise “ Bravo, c’est bien, maintenant mets tes mains sur l’autre marche en haut, tu vas y arriver.”

Ce qui fragilise l’estime de soi.

Un attachement insécurisant met à mal la sécurité intérieure de l’enfant.
Cela peut ce traduire par un manque d’amour, des liens qui ne se sont pas tissés, des demandes du tout-petit, qui n'ont pas été entendu, des angoisse parentales, et un trop plein d’affection qui empêche de vivre, une démarche éducative pas adapté aux besoins du jeune enfant, une autorité abusive, une maltraitance physique.

Les actes, mais aussi les mots, peuvent porter atteinte à la dignité de l’enfant, même si elle sont prononcés sous forme de plaisanterie par l’adulte.
quand on humilie un enfant il se sent méprisé, pas apprécié, minable, il y a un effondrement narcissique, anéantissement du moi.
Le traumatisme n’est pas toujours visible, il peut être insidieux et la honte reçue en petites doses imprègne l’enfant.

Mais aussi une histoire familiale douloureuse peut être responsable d’un défaut d’attachement.
Dans un tel contexte, le signal d’alerte pour la maman ne provoque pas une émotion de tendresse sécurisante, au contraire réveille la mémoire qui peut-être douloureuse.

Le tempérament de l’enfant peut-être différent de celui qu’attendent les parents et ce décalage peut-être à l’origine de déceptions.
Par exemple, un enfant lent sera bien à sa place dans une famille paisible qui présente des dispositions semblables, l’attachement se construira sereinement et il grandira avec confiance.

En revanche, si c’est une famille dynamique avec une cadence de vie soutenue, les parents auront tendance à stimuler l’enfant.
L’enfant essaiera de se surpasser, d’accélérer son rythme pour correspondre aux désirs de ses parents.

Quand l’enfant grandit, il acquiert une certaine maturité, il est moins égocentrique et, vers 8 ans, il devient capable d’avoir un regard critique et une pensée objective sur lui-même.
Il a pu intérioriser une certaine confiance selon son expérience de vie.

L’estime de soi se construit lentement, semé d'embûches, mais rien n’est figé.
Tout peut être restauré, toute blessure peut-être soignée.
La capacité à surmonter les chocs traumatiques, à réussir à vivre en dépit des adversités et à se libérer son son passé s’appelle la résilience.
C’est le terme emprunté à la physique pour désigner l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa forme initiale.

Anna Freud affirmait qu’aussi longtemps que l’on n’avait pas épuisé toutes ses possibilités, il restait toujours une chance de renverser la situation.

De même, Monique Riboulet nous rappelle d'avoir confiance en notre enfant et en ses compétences, même si elles nous paraissent parfois minimes.

Laissez-le obtenir satisfaction par lui-même – par exemple, en réussissant progressivement à résoudre un puzzle – afin de renforcer sa confiance et son autonomie.

Simplifier des situations pour lui éviter de toujours demander de l'aide : opter pour des scratchs, le laçage n'est réussit que vers 5-6 ans.

Supprimez tout langage dévalorisant qui blesse l'estime de soi tel que :" tu m'énerves, tu ne comprends rien, tu es nul.le, tu n'y arriveras jamais."

Jean Piaget psychologue, biologiste et épistémologue suisse déclare : Un enfant a infiniment plus à gagner à faire pendant trois jours une expérience qu'il réalise lui même, plutôt que de faire un quart d'heure à voir un adulte lui montrer.

Cet article est proposé à titre informatif et ne remplace en aucun cas l’accompagnement d’un professionnel.
Chaque situation est unique, et si vous rencontrez des difficultés, je suis là pour échanger avec vous et trouver ensemble des solutions adaptées à votre famille. 
N'hésitez pas à prendre contact avec moi.

Sandra, coach parental

Sandra, coach parental

Plus de 20 ans d'expérience dans la puériculture en crèche, maman de trois enfants, je vous accompagne et réponds à toutes vos questions.

2 Commentaires

  • avatar
    AngelJuive

    15 Mar 2025 - 19:02

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    24 Mar 2025 - 00:07

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